Après une gestation incroyablement longue due à de multiples soucis de développement, voilà enfin le dernier né de chez 3D Realms, annoncé comme une bombe dans le monde du FPS. Prey tient a priori sa promesse et ne manquera pas de chambouler les habitudes vidéo-ludiques de plus d’un. Mais reste à savoir s’il est aussi révolutionnaire que promis…
Scénario
Le scénario de Prey dit être « basé sur une authentique légende Cherokee ». Il n’empêche que l’histoire reste à première vue plutôt classique… Le joueur incarne Tommy, un garagiste descendant des Cherokee, qui ne croit pas aux légendes et aux mythes de son peuple et n’a qu’une envie : quitter avec Jen, l’amour de sa vie, la réserve indienne où ils vivent. Seul ennui, Jen aime la réserve et son peuple et, en dépit de l’amour qu’elle éprouve pour notre brave héros, n’a aucune envie de la quitter. C’est un soir particulier, dans le petit bar tenu par Jen, que les choses vont commencer à se gâter. L’introduction est vraiment superbe. On y ressent parfaitement l’ambiance un peu glauque du bar perdu « in the middle of nowhere » avec quelques alcoolos ivres qui aguichent la serveuse de manière grossière. Puis, soudainement, la télé émet des bruits étranges, les lumières clignotent avant de s’éteindre, pour faire place aux inévitables lumières vertes qui téléportent Tommy, Jen et Enuisi, le grand-père, au cœur d’un étrange vaisseau extraterrestre. Vous l’aurez compris, on ne demande qu’une chose à ce brave Tommy : arracher sa chère et tendre aux affreuses griffes de ces vils et hostiles visiteurs, et en profiter pour sauver le monde au passage.
On pourrait donc croire que l’histoire de Prey n’a rien de bien original, mais la trame est bien ficelée et les découvertes que l’on fait en visitant le vaisseau sont souvent surprenantes. On se rend compte dans un premier temps que celui-ci est tout simplement…vivant ! Enfin, il serait plus juste de parler d’un étrange mélange d’acier et de matière organique qui réagit aux mouvements. Si bien qu'on a presque l’impression de se trouver dans le ventre d’une bête dont l’organisme fait tout pour nous digérer.
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Une petite révolution à lui tout seul !
L’évolution dans ce vaisseau aurait été passablement semblable aux doom-like et autres Half-life si le gameplay n’avait pas été profondément travaillé. Annoncé sur papier comme l’un des points forts de Prey, c’est assurément le cas. Il est prodigieusement singulier et innove sur bien des plans. Les premières minutes de jeux sont tout simplement déconcertantes - ou plutôt renversantes… C’est bien le mot, car une partie des éléments innovants de ce gameplay jouent sur la force de gravité.
Première illustration de ce jeu permanent avec les lois de la physique élémentaire : la possibilité de se balader la tête en bas en empruntant des passages spéciaux où la force de gravité est tout bonnement abolie. Le joueur aura, en outre, la possibilité d’inverser la gravité par le biais de boutons répartis dans le vaisseau. Cet aspect du jeu augmente considérablement les possibilités de chemins et, par conséquent, de casse-têtes. Le plafond et les murs qui, dans un FPS classique, ne servent habituellement que de décors, deviennent dans Prey une surface praticable à part entière !
D’autre part, il y a la présence de ces portails, incroyablement déroutants. Parfois simples miroirs, parfois situés à des endroits excentriques, ils permettent de littéralement sauter d’un endroit à un autre avec de temps à autres des conséquences parfois effrayantes. Les aliens, eux, savent faire apparaître ces portails à n’importe quel endroit, ce qui leurs permet d’opérer des attaques surprises !
Après un certain temps dans le jeu, Tommy va vivre une expérience notable qui, pour faire court, lui permettra par la suite de quitter son enveloppe charnelle afin de passer certains obstacles uniquement franchissables dans ce « mode esprit », de surprendre ses ennemis, de déjouer le système de surveillance du vaisseau ou bien encore de trouver des passages cachés.
Un autre concept du gameplay très intéressant se nomme « le chemin funèbre ». Entendez par-là un court passage dans le monde des esprits qui permet à Tommy, lorsqu’il meurt, de regagner de la vie et du mana en tuant des esprits ennemis. Le jeu ne s’arrête donc pas quand on meurt, ce qui est là aussi plutôt inhabituel. On pourrait croire que le jeu perd de ce fait en intérêt, mais ce n’est pas le cas. Il serait plus juste de parler du compromis adéquat entre le save/load intempestif habituel dans les jeux du genre et un manque d’enjeux complet lors de la progression.
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Une belle réussite technique
L’ambiance graphique de Prey est tout simplement magnifique. L’environnement cloîtré et glauque du vaisseau alien est superbement rendu avec une gamme de couleurs sombres et un jeu d’ombre et de lumières très efficace. Les flammes et autres effets en tout genre sont très réussis. Un tout petit moins : pas de cinématique au programme dans Prey, seulement des écrans de chargement de temps en temps. Cela montre au moins que les développeurs n’ont pas cherché à masquer un gameplay défaillant derrière des artifices...
Pour profiter à fond des graphismes, il faut bien sûr posséder une très bonne machine. Mais pas de panique, le soft reste très beau même en configuration moyenne.
Autre bon point du titre : les armes. Au nombre de sept, allant de la clé à molette jusqu’au lance-missiles, elles sont très particulières et toutes animées de manière admirable. On aurait presque tendance à croire qu’on manipule des choses vivantes tellement ça gigote avec certaines d’entre-elles. Elles ont bien évidemment chacune leurs caractéristiques propres, et le choix de ces dernières en fonction de l’ennemi à combattre joue beaucoup dans vos chances de victoires.
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Une bande-son au niveau du reste
La bande-son de Prey est discrète et sobre, mais en conformité parfaite avec l’ambiance générale du titre. Gage de qualité, c’est Jeremy Soule qui est l’auteur de la B.O. Ce dernier est loin d’être un novice dans l’art de la composition car il s’est, entre autre, occupé de la musique de Guild Wars et d'Oblivion.
Une intelligence pas si artificielle...
Une particularité de l’I.A de Prey, c’est l’adaptation permanente du niveau de difficulté en cours de jeu à celui du joueur. Reprenant un système similaire à celui de Sin Episodes, cette technologie est censée proposer à chaque joueur un niveau de jeu personnalisé, afin de lui garantir une difficulté ni trop élevée, ni trop faible. Dans les faits, ce système ne se remarque qu’à peine, et semble même un peu inutile. Mais hormis cela, l’I.A est des plus performantes, et le comportement des Aliens et autres ennemis est d’un niveau tout à fait remarquable. Ainsi, ces derniers profiteront de l’environnement pour se mettre à couvert et préféreront vous surprendre le dos tourné plutôt que de face.
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MultiPrey
Peut-être la seule véritable déception de Prey : son mode multijoueurs. En effet, ce dernier est très pauvre et ne propose objectivement que deux modes basiques qu’il est inutile de définir : le Deathmatch et le Deathmatch par équipe. En outre, toute l’énergie présente dans le mode solo semble avoir déserté le Multiprey. Un grand regret, car il y avait pourtant du potentiel à revendre.
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Conclusion
La mini-révolution opérée par le gameplay unique de Prey est bien réelle. Bien qu’il soit vraiment déroutant dans un premier temps - voire même écœurant - de se retrouver sans cesse la tête en bas, une fois l'habitude prise, c’est un réel plaisir de pilonner ses ennemis dans tous les sens – sans jeu de mots - et de jongler avec la gravité dans le but de se frayer un chemin parmi les décombres métalliques et organiques du vaisseau. Outre son gameplay fabuleusement riche, Prey est un très bon FPS au sens traditionnel du terme : bien trash, alliant armes insolites, environnement hostile et ennemis troublants tout au long d’une longue route menant jusqu’à une fin en apothéose. Une totale réussite donc, excepté le mode multi, dont on pouvait espérer bien mieux. A mettre dans les mains d’un grand nombre de joueurs.



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